Transcription
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Monseigneur, iay bien vouleu vous advertir que hier peu s’en faleut quil ny eut une grand
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division et baterie entre noz escholiers et les enfans de ville, sans la prudence du
3cappitaine Mistral qui y survint et tança aigrement lesdits enfans de [barré : la ] ville ; et
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par ce moien, appaisa le tout qui n’estoit brassé que par lesdits enfans de ville contre le
5baron d’Aurilhy à la suscitation d’un ieune et bien fort ieune [barré : doc ] et tendre docteur filz
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de monsieur de La Forge qui faisoit baler dimanche au soir. Et mondit sieur le baron aiant
7commencé ung [barré : banle ] branle, le luy voulsist faire rompre, pretendent que cestoit à luy de
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commender à ce bal ; sur quoy, voiant limpertinance, mondit sieur d’Aurilly ne sceut faire
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de moins que de luy dire quil estoit ieune et mal appris ; à quoy le susdit ieune et
10voirement mal aprins docteur ne respondit rien, mais deux iours après qui [barré : v ]
11feut hier, incité ou supporté de ie ne scay quelz, il dressa une [barré : emp ] embusche en
12ceste place des clers partie cachée dans [barré : leu ] les maisons, partie descouverte contre
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ledit sieur d’Aurilly, et toute composée des enfans de ceste ville, qui ne se plaisent de
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tout temps à aultre chose qu’à seditions et prendre quelque petite occasion que ce
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soit pour cause. Cela n’est pas encores esteinct et ie crains qu’il nadviene pire
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tant la susdite maison de La Forge et le susdit notable docteur se sent interessé de
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ce qu’on la appellé ieune et mal apprins. Et à ceste cause, oultre la bonne diligence
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de monsieur le capitaine Mistral, qui merite autant de faire la charge qu’il faict
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icy quhomme qui soit, et qui le faict bien, et religieusement, monseigneur, il seroit
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bon que vous en escrivissiez particulierement affin qu’on ne nous gourmende poinct,
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ainsin noz escholiers, mesmement ceux qui sont de telle importance que mondict
22sieur le baron, et principalement au capitaine Lorient qui est [barré : est ] le Vespasian de ceste
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ville entre les ieunes gens et qui ny apporte nul bien par sa presence et y
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laisseroit beaucoup de bien par son absence, comme ie vous pourrai sil vous plaict
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descrire plus par le menu quant vousserés par deça. Et surce,
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monseigneur, ie me recommande très humblement à votre bonne grace et prie Dieu vous
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donner la siene très saincte. De Valence, ce jour des cendres 1574.
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Monseigneur, ie cuyde que vous scavés
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que les adversaires ont sur priz Alez
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qui importe beacoup pour ceste plaine
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et pour le chemin des postes.
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Votre très humble serviteur
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Jac. de Cuias.
